|
Le vaste nord-est canadien a été développé par des explorateurs courageux qui n'ont pas ménagé leurs efforts dans des
conditions souvent difficiles pour y développer des collectivités qui, jusqu'à ce jour, poursuivent les idéaux de leurs
ancêtres. Aujourd'hui, partout dans les régions Côte-Nord du Québec et Labrador terre-neuvien, on partage avec les
communautés autochtones le goût de vivre ici et d'y voir grandir nos enfants dans des espaces d'une fascinante beauté.
Les vastes ressources de la région permettent à la Côte-Nord de paraître en tête de liste des régions ressources en ce qui
concerne les revenus disponibles par habitant et en tête de liste parmi l'ensemble des régions du Québec pour les
investissements publics et privés par habitant1. Ainsi, en 2002 par exemple, ces investissements s'élevaient à 16 000 $
par habitant , soit près de trois fois plus que la moyenne des régions du Québec.
Dans le cadre de la mondialisation des marchés, la croissance économique accélérée que nous connaissons se conjugue
paradoxalement avec un exode de notre population, un phénomène mondial. Les nouvelles techniques d'extraction de nos
grandes entreprises permettent de produire plus avec moins d'employés et surtout l'hyper concentration extra régionale des
centres de décisions, et donc des emplois stratégiques reliés à ces entreprises ont contribué sensiblement à cet exode.
|

Cliquer sur la carte pour visualiser un plus grand format. Autres photos disponibles dans notre galerie à la section : La région desservie
|
|
Pourtant, malgré le départ de ces nombreux emplois tributaires des ressources régionales, l'économie nord-côtière poursuit
sa croissance. Celle-ci génère un accroissement des véhicules, particulièrement des camions-remorques, au point
d'étranglement qu'est devenu le service de bateaux-passeurs sur la rivière Saguenay.
L'étude d'opportunité du consortium Naturam-Genivar de 1999 prévoyait que dès 2017, le service de traversier ne serait plus
en mesure de répondre à la demande à l'année. Une récente mise à jour de ces prévisions à partir de l'achalandage réel
fourni par la Société des Traversiers du Québec pour les cinq années suivant l'étude démontre que les prévisions
d'achalandage ont été sous-estimées dans cette étude et qu'en fait, l'année de saturation serait 2011. Sachant qu'un délai
de dix ans est prévisible avant l'achèvement du pont, soit 2013, on peut mesurer l'urgence d'agir.
Sans lien ferroviaire avec le continent, à l'exception d'un traversier-rail à Baie-Comeau, on peut comprendre l'importance
stratégique que revêt la fluidité et la sécurité sur la seule route reliant la région aux grands centres du pays. Notre
artère routière principale, la seule, se sclérose rapidement au niveau de la traversée de la rivière Saguenay et ne permet
déjà plus aux 100 000 habitants de la Côte-Nord et aux 28 000 Labradoriens, répartis sur un territoire plus vaste que la
France, d'obtenir l'oxygène nécessaire à leur construction sociale et économique.
|