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Le nombre de blessés graves et de décès par 100 mkp1
sur le tronçon de la route 138 aux approches de la rivière Saguenay dépasse de 26% les données de la route 175.
De plus, le nombre de décès par 100 mkp sur le tronçon
entonnoir de part et d'autre de la traverse de Tadoussac est plus de 3 fois supérieur à la moyenne sur les routes
du Québec (moins de 1 décès par 100 mkp2).
Des investissements de plus de 700 M$ ont déjà été annoncés pour construire une route à quatre voies entre
Québec et Chicoutimi au motif premier d'améliorer la sécurité. Le ministère des
Transports du Québec a commandé une étude d'impact de 2 M$ pour la construction d'un pont sur la rivière
Saguenay qui permettrait, entre autres, de ramener le taux de décès sur le tronçon entonnoir de 3.31 décès à
moins de 2 décès par 100 mkp.
La Société a choisi de comparer le tronçon de la route 138 aux approches de la rivière Saguenay à un des
tronçons routiers les plus dangereux au Québec de manière à mettre en évidence l'importance des effets
conjoints de l'encombrement croissant sur la route 138, d'une géométrie routière difficile aux abords du
Saguenay (qui serait corrigée partiellement par les approches du pont et des améliorations en cours et
prévues du réseau routier) et des effets toujours plus sévères du syndrome de la traverse. Les longues
distances parcourues par les utilisateurs de la route 138 et la nécessaire et souvent difficile cohabitation
entre les automobiles et les camions-remorques sont des facteurs aggravants pouvant expliquer la dangerosité
élevée aux abords du Saguenay.
Les gouvernements du Québec et du Canada auront bientôt à prendre une décision cruciale pour l'avenir de la
région Côte-Nord; soit ils investissent dans le renouvellement des traversiers existants et de nouveaux
traversiers vers la rive-sud ou Québec et Montréal, insularisant et isolant ainsi davantage la région, soit
ils accélèrent le processus visant la construction d'un pont sur la rivière Saguenay qui résoudra de façon
définitive les problèmes de sécurité et de fluidité aux abords du Saguenay sur la seule route d'accès à la
région à partir des grands centres.
« Pour que de nouvelles entreprises émergent et que les entreprises existantes prennent de l'expansion
en région, elles doivent pouvoir compter sur des infrastructures modernes de transport et de communication.
»
« Le Québec est une société ouverte sur le monde. Cette ouverture commande des infrastructures de
transports adaptées à la nouvelle réalité économique. Leur modernisation est essentielle pour répondre aux
impératifs liés à la mondialisation des marchés. »3
La sécurité de la route 138 aux abords du Saguenay est un enjeu majeur et incontournable pour l'avenir de la
région Côte-Nord et du Labrador, tout autant que les enjeux économiques pour le Québec et le Canada du
développement de la 2e et 3e transformation des matières premières provenant de la région. Pour cela, un
lien routier efficace entre notre région et les grands centres est indispensable.
Sécurite : Le bas de la côte de Tadoussac : à haut risque
Cette côte de 1.5 km de longueur atteint à deux reprises un degré de dénivellation de 10%, elle traverse une zone
habitée du village de Tadoussac pour s'achever abruptement par un arrêt sur le quai des traversiers.
Le bris mécanique d'un véhicule, le malaise d'un conducteur ou des mauvaises conditions météo suffiraient pour
transformer un véhicule, particulièrement un des 1000 camions-remorques qui transportent des matières dangereuses
dans cette côte à tous les mois, en une véritable bombe. En effet, au bas de la côte s'agglutinent les véhicules
en attente parmi lesquels les passagers sortent se dégourdir alors que d'autres véhicules débarquent des traversiers.
Dans les périodes d'achalandage, lorsque les files d'attente se prolongent au delà de la côte elle-même, ou dès
qu'une douzaine de véhicule en attente s'accumulent, l'entrée de la voie de détresse pour véhicules en difficulté
est obstruée. Ainsi, le pire des scénarios devient difficilement évitable.
Sécurite : Le Syndrome de la traverse (The Ferry Fever)
Tous les utilisateurs réguliers du service de traversiers à Tadoussac connaissent le syndrome décrit par le
Dr Samson. Ce phénomène, mortel pour plusieurs, résulte d'une agressivité mal contenue d'un conducteur
autrement prudent sur la route. Cette agressivité s'explique par les contraintes imposées au conducteur
avant, pendant ou après la traversée du Saguenay. La description du syndrome correspond étroitement au vécu
des usagers réguliers de la traverse.
« Ce syndrome, dangereux pour celui qui en est atteint, peut avoir des répercussions diverses sur
d'autres automobilistes sous forme d'accidents mortels, de blessés graves, de blessés mineurs ou de dommages
matériels. Les automobilistes qui se rencontrent dans chaque sens aux abords de la traverse peuvent en être
atteints simultanément et de ce fait, décupler les risques d'accidents. »
Vous pouvez consulter un extrait du rapport du coroner Arnaud Samson suite au décès accidentel de Monsieur Armand Turbis de Havre Saint Pierre : coroner_2001.pdf (645Kb)
de même qu'une lettre de l'ex-député Gabriel-Yvan Gagnon à Monsieur Guy Chevrette, ex-ministre des transport, sur le syndrome de la traverse Tadoussac-Baie-Ste-Catherine : gagnon_2001.pdf (130Kb)
Ce syndrome contribue à expliquer un taux de décès plus de 3 fois supérieur à la moyenne provinciale aux abords du
Saguenay sur la route 138. Cependant, plusieurs facteurs s'ajoutent.
Facteurs aggravant le syndrome de la traverse décrit par le coroner Arnaud Samson sur le tronçon entonnoir de
La Malbaie à Les Escoumins
Malgré les difficultés reliées au réseau routier, dont certaines sont décrites par le coroner Samson,
plusieurs facteurs se conjuguent pour accentuer les problèmes de sécurité routière reliés au syndrome de la
traverse.
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