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Les enjeux : Les coûts évités
Le pont projeté a une durée de vie supérieure à 100 ans. Aussi, les coûts évités prennent une importance
accrue.
Coûts évités : Les déficits annuels du service de traversier
En 2001-2002, ce déficit s'élevait à 15,9 M$. Les coûts évités pour la durée de vie du pont devraient
inclure ce montant accru du pourcentage de croissance prévisible de l'achalandage dans les prochaines années.
Actuellement, la croissance constante de l'achalandage oblige des investissements additionnels à la traverse.
Le coût pour le gouvernement du Québec en 2001-2002 était de 12,9 M$ plus les coûts d'hivernement1 du 3e
traversier atteignant environ 3 M$ par année alors que les coûts en 1996-1997 était de 6,7 M$. Les coûts ont
donc augmenté de 137 % en 6 ans, soit 23 % par année en moyenne. La croissance des coûts de la traverse
dépasse nettement les effets de l'inflation et la croissance continue de l'achalandage implique que ces
coûts, en dollars constants, continueront de croître pour permettre d'assurer un service de traversée
acceptable.
De plus, lorsque le 3e bateau ajouté en période d'été ne pourra pas empêcher la saturation du service2 , des
investissements massifs devront être consentis pour la construction de deux nouveaux quais et de deux
nouveaux bateaux. Cette option est écartée actuellement par le ministère à cause des coûts importants
d'immobilisation qu'elle génère et des coûts afférents d'opération. Cette hypothèse ne règle que
partiellement les problèmes de fluidité (glaces, brume, courants, grèves, bris de bateaux, etc.) tout en
accentuant les problèmes de sécurité, particulièrement la formation de pelotons plus fréquente et une
incidence accrue du " syndrome de la traverse ". Pourtant, elle demeure la seule option envisageable autre
que l'impasse ou le contournement par Ville de Saguenay; une prolongation forcée de 3 heures de route sur un
déplacement aller-retour de la région vers les grands centres, une option impensable à moins de souhaiter
véritablement achever la déstructuration sociale et économique de tout le nord-est canadien.
Coûts évités : Les coûts pour l'industrie nord-côtière
Les industriels de l'industrie du bois de sciage nous ont affirmé qu'il leur en coûtait 2,6 millions par
année en frais directs reliés à l'attente, aux délais et à la précarité reliée à la traversée du Saguenay3 et
autant en frais indirects. Ils estiment qu'environ 35 800 camions ont utilisé les traversiers en 2001 pour
transporter leurs produits. Sachant que cette même année, la traverse de Tadoussac a transporté 146 377
camions-remorques et 18 803 camions, les coûts annuels pour l'industrie nord-côtière de la traversée du
Saguenay à Tadoussac peuvent être estimés à 12 M$ annuellement sans considérer la croissance soutenue et
importante du camionnage dans la région depuis plus de 15 ans qui dans le futur amènera un accroissement
continu des coûts en dollars constants qui seront évités par la construction d'un pont.
Coûts évités : Les coûts reliés à la sécurité routière
1 063 accidents ont été répertoriés entre 1995 et 2000 sur les tronçons d'approche de la rivière
Saguenay (entre Cap à l'aigle et Les Escoumins) par la Société de l'Assurance Automobile du Québec. Une partie
importante de ceux-ci pourrait être évitée par la construction d'un pont. On dénombre parmi ces accidents 27
morts et 75 blessés graves qui pourraient donc être aussi évités en partie. Ce sont les accidents reliés au
syndrome de la traverse et aux engorgements à la traverse qui obligent de longues périodes d'attente ou des
détours vers ville de Saguenay, détours qui par exemple atteignent 3 heures 30 minutes de temps de déplacement
supplémentaire lorsqu'en direction est. A chaque journée ou des événements tels bris de bateau, accumulations
de glace, sursaturation de la capacité des bateaux, grèves ou menaces de grève etc.. créent des engorgements importants,
des centaines de véhicules doivent s'imposer ces détours de plusieurs heures. L'étude d'impact en cours devrait chiffrer
les coûts évités par le rétablissement de la fluidité et de la sécurité du lien routier après la construction d'un pont.
Cependant la méthode de calcul de ces coûts prend une grande importance.
Les gouvernements des différents pays de même que le gouvernement fédéral et les gouvernements provinciaux
utilisent des méthodes souvent très différentes pour estimer les coûts des accidents pour la société. Alors
que dans le passé, on utilisait la méthode dite du capital humain aujourd'hui, la méthode dite de la
disposition à payer est de plus en plus utilisée pour son approche plus éthique, et des pays comme les
États-Unis, l'Angleterre, l'Australie, la Suède et la Suisse l'ont adopté. Un document préparé par le
ministère des Transports du Québec " Guide de l'analyse avantage-coût des projets publics en transport "
fait état de cette tendance. (Extrait du "Guide de l'analyse avantages-coûts", avantages-couts.pdf 368KB)
. Comme l'usage de ces méthodes peut à elle seule justifier
ou non un projet, le choix du consortium quant aux calculs des coûts évités prend une grande importance.
En appliquant la règle de la disposition à payer selon les valeurs québécoises ou américaines et en
considérant que 50 % des accidents sont attribuables au syndrome de la traverse et à la traverse elle-même,
on obtient des valeurs très variables qui, lorsque étudiées sur de longues périodes, font de grandes
différences.
Coûts évités d'un accident à partir de la formule disposition à payer (DAP) selon la région :
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